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Des milliers de manifestants à Athus

 

Vous aurez certainement lu dans votre quotidien ce qui s'est passé lundi à Athus : la ville morte, les milliers de manifestants, l'irruption à Rodange. Si vous le voulez bien, reprenons en synthèse des faits marquants de la journée et allons plus loin que cette journée.

 Quelques Rappels :

Athus Ville Morte : l'usine est en grève depuis le matin ; les magasins, comme ceux de la région, sont fermés, le drapeau noir flotte au portail.

Les Manifestants : les ouvriers d'Athus et beaucoup d'autres, venus en délégation de toute la province, venus aussi les frontaliers de France et du Grand­Duché, venus les indépendants, venus des jeunes, des femmes, etc., etc.

Combien ? D'après la police, ils étaient 2.400, d'autres ont parlé de 3.500, même de 4.000. Peu importe le chiffre exact : le Sud a montré qu'il voulait conserver son emploi.

Les Personnalités : le député Nothomb, les députés permanents Hotlay et Deworme, le conseiller provincial Nizet, les bourgmestres Dumont, Kirsch ; Wersand, Laurent, etc. (Le sénateur Conrotte, hospitalisé, s'était fait excuser)

L'Ambiance : des drapeaux rouges, des drapeaux noirs, des casques, « L'internationale » et le « Ça ira », des calicots de lutte pour l'emploi et d'autres comme « ils sont arrivés à leurs fins, Herlin, Gillardin et Gustin ».

Le Cortège : a parcouru calmement des rues d'Athus encadré par le service d'ordre syndical et des policiers mis à la disposition par la commune qui elle aussi était fermée.

La Réunion avec la Direction : les syndicats belges et Luxembourgeois ont présenté chacun une contre-proposition au plan de la direction. Un groupe de travail doit étudier ces propositions.

Les Plans : celui de la direction est de fermer les hauts fourneaux d'Athus et le train E et de faire marcher les fourneaux de Rodange. Conséquences : 450 chômeurs par jour à Athus et 100 ouvriers aux travaux extraordinaires à Rodange. Celui des syndicats d'Athus : faire au contraire marcher trois hauts fourneaux à Athus. Celui des Luxembourgeois : donner les sommes de chômage à l'usine pour

faire des travaux extraordinaires à l'usine; faire d'autres travaux à l'extérieur en Belgique et au Luxembourg, etc.

De nombreuses personnalités politiques ont défilé dans les rues Athusiennes, et de gauche à droite M. Gillet, le bourgmestre Dumont ,M. Muller, le doyen de la députation permanente M.Hollay, le bourgmestre Laurent, M.C - F.Nothomb ,le bourgmestre Kirsch, il serait impossible de les citer tous.

Les Forces de L'ordre : invisibles durant le cortège. A Rodange, les gendarmes Luxembourgeois se trouvaient dans le bâtiment et au-delà du passage à niveau. Ils sont apparus au moment des incidents : Au retour à Athus, il y avait des camionnettes et des gendarmes avec fusils.

Les Dégats a Rodange : une porte forcée et des vitres brisées et aussi des ... extincteurs vidés.C'est une « arme » assez inhabituelle chez les gendarmes. Tout s'est décidé pendant qu'on attendait les délégués reçus par M. Herlin. Dans la bagarre, un extincteur a changé de main.

La Delegation Recue : soit 5 ouvriers, Joseph Sokay, Armand Tassigny, Michel Fautré, Eddy Theisen, Roland Schrobiltgen devant qui M. Herlin (seul a aligné des chiffres pour justifier sa position (chiffres que pareille délégation ne pouvait assimiler).

Les Délègues Syndicaux : applaudis pendant le meeting, hués à Rodange. Devaient-ils oui ou non accompagner les manifestants à Rodange, ce qui  n'était pas prévu ? Tout dépend si l’on croit qu’ils devaient diriger la manœuvre ou se réserver pour les négociations.

La Direction : vers 18h30 et pendant une demi-heure, a reçu une nouvelle délégation toujours en faction devant la MMRA. Il s'agissait de MM. Muller, Munaut, Lambert et Hotton.

 La direction n'a pas changé sa position fondamentale, a accepté d'accélérer l'examen des contre-propositions (formation des commissions mardi  9 à 15 h au lieu de mercredi ). A promis de tenir au courant les ouvriers rapidement et conjointement avec les commissions. N'a pas hésité à venir parler aux manifestants, et est restée jusqu'à la dislocation du cortège provoquée par le bourgmestre d'Athus, M. Dumont, qui a su imposer son bon sens aux manifestants, à Rodange comme il venait de le faire à Athus.

Il était temps de terminer cette journée du 6 novembre 1976, qui fera date dans les annales de l'usine, mais la solidarité des travailleurs du Sud avait été prouvée, et si nécessaire, n'aura été que l'ébauche à d'autres manifestations prouvant que le Sud-Luxembourg Belge veut la survie de l'usine d'Athus.

En deux mots :

Un problème immédiat : l'emploi à Athus, problème rendu aigu par la pensée qu'ont les Athusiens qu'on leur réserve le pain sec

Un problème à échéance : l'avenir de la MMRA dont dépend à différents niveaux des dizaines de milliers de personnes.

Le cortège quitte la Belgique et entre dans le Grand-Duché

Mercredi 10 novembre 1976 / Journal des 3 Frontières

Des millers de manifestans à Athus , l’uines ne peut pas mourir , mais attendons la fameuse journée du 17 décembre

 

Je remercie Camil Grogna pour ce document