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La cheminée de l'usine d'Athus :

 

 

Trois secondes pour effacer un siècle de sidérurgie

 

Athus, mercredi 18 mars 1987, 14 heures : la sirène hurle. Cinq minutes plus tard, c'est le décompte puis l'ordre de mise à feu est lancé par le lieutenant Decocq, de l'unité de génie militaire de Jambes. En trois secondes, les 500 tonnes de briques de la cheminée de 75 m jonchent le sol. Au-dessus des décombres, le réservoir d'eau est presque intact. L'opération, bien conduite, est une réussite. Les curieux ont été tenue à l'écart, devant les locaux de la société L.G.R. et de feu la S.D.B.L. : de là, ils ont pu filmer, photographier, enregistrer en toute sécurité. Une fois la fumée dissipée, ils suivent les militaires pour se rendre compte de ce qui reste de cette cheminée, symbole de près d'un siècle d'activité sidérurgique du bassin Athusien. Parmi eux, le bourgmestre d'Aubange, Raymond Dumont, ému.

Cette cheminée permettait l'échappement des gaz de la centrale électrique de l'usine. Elle n'est cependant pas la première à disparaitre : il y a quelques années, les deux cheminées des hauts fourneaux étaient plastiquées. Avant-hier, deux autres petites cheminées de 35 m de haut ont subi le même sort, juste à côté de leur grande sœur qui a vécu 24 heures de plus. Hier, 15,5 kg de plastic M 112 ont eu raison de cette ancienne gloire de 500 tonnes. Après la sèche détonation et l'effondrement de cette masse, l'émotion a fait place à un certain étonnement : une aussi grande chose disparaitre en si peu de temps et avec une facilité déconcertante !

Puis, camions et bulldozers ont entamé leur ronde pour déblayer les lieux, tandis que les curieux quittaient le site en se rappelant peut-être qu'il y aura bientôt dix ans que l'usine fermait définitivement ses portes. Maintenant, avec la CARS et Socogetra, on parle d'assainissement : ces deux sociétés procèdent au nettoyage de la « zone de services »  d'un site anciennement sidérurgique. Et cette collaboration, chacun avec ses moyens, est excellente, nous disait encore Roger Aimont, directeur de la CARS.

Dans le grand livre de l'histoire d'Athus, une page de plus a été tournée hier, en trois secondes.

 

    

 Résumé repris du journal des 3 Frontières 1987