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Sur sa route vers Harare, il rend hommage à l'abbé Gigi

Entre Léon Tillieux et le vélo c'est déjà une belle et longue histoire. Ce sexagénaire a pris l'habitude de partir durant de longs mois, à l'autre bout du monde, avec son fidèle compagnon à deux roues. Au début de cette année, il s'est envolé pour le Rwanda. Actuellement, il roule entre Kigali et Harare au Zimbabwe. A Cyeza, Léon Tillieux s'est recueilli devant la tombe de l'abbé Gigi, un prêtre diocésain. ''Un bâtisseur'', comme le qualifie Léon Tilleux, mort au Rwanda en 1994.

''On the raid again with Nelson Mandela'' c'est le nom donné à son périple, à cette ''Transafrica 2015''. Parti de Kigali, il rejoindra Harare au Zimbabwe où il devrait arriver le 2 avril après avoir parcouru 3.000km. Cet habitant de Faulx-les-Tombes coutumier de tels périples a déjà prévu de repartir entre janvier et mars 2016 pour pédaler 3000 autres kilomètres mais cette fois entre Harere et Qunu en Afrique du Sud.
Ce périple s'annonce long, difficile mais ce n'est rien à côté, comme aime à le dire Léon Tillieux, des luttes menées par Nelson Mandela. Le départ symbolique a d'ailleurs été donné du square Nelson Mandela... à Gesves.
Au cours de ce voyage, le cycliste tenait à rendre hommage à l'abbé Michel Gigi, un prêtre originaire d'Aubange. Ce prêtre n'avait qu'un souhait : devenir prêtre fiedi donum et aider les plus pauvres. Au Rwanda, il va vivre dans la région des collines. Prêtre à Cyeza, la population l'apprécie énormément mais lorsque les heurts entre les Tutsis et les Hutus se déclarent, il doit fuir. Il mourra d'épuisement dans sa fuite.

Témoignage

Léon Tillieux s'est donc arrêté et a pris des photos. Il a aussi rencontré le prêtre de la paroisse. Il raconte :
''C'est par l'intermédiaire d'Yves Parage de Meix-devant-Virton que je suis arrivé à Cyeza; ce dentiste consacre chaque année plusieurs semaines de son temps à soigner les plus démunis au Rwanda, via l'ASBL ''ADSN''.
Le lendemain matin, je me suis rendu dans l'église où est enterré Michel Gigi, originaire d'Aubange, qui fut mon éducateur au collège de Bellevue à Dinant, il y a 50 ans. C'était à l'époque un homme discret qui parlait peu. Avec lui, en 1966, j'ai participé à deux camps de compagnons-bâtisseurs. Bâtisseur, il le fut dans cette paroisse où il travailla durant 23 ans. En avril 1994, il refusa de quitter les siens - ''Un pasteur n'abandonne pas ses brebis''- disait-il et les accompagna dans une longue marche d'exode vers une utopique liberté. Mais épuisé, il mourut en chemin, à Nyakabanda, à 35 kms de Cyeza le 7 juillet 1994.
Il y a quelques mois, les paroissiens ont transféré son cercueil dans l'église de Cyeza. Sur la route africaine vers Kunu, j'y ai déposé symboliquement un caillou du square Nelson Mandela de Gesves. Le nom de Michel Gigi est repris sur la liste des Belges décédés en 1994, comportant non seulement les casques bleus mais également une dizaine de coopérants.
  

  Info repris Diocèse de Namur