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A Rachecourt une procédure de classement du Moulin

 

Nos campagnes regorgent de constructions anciennes, témoins de l'architecture du passé, rappels des influences historiques, des héritages des divers et nombreux occupants et mêlant des cultures parfois bien différentes. Soucieux de protéger ce patrimoine, certaines personnes s'érigent contre la destruction, la modification de l’habitat d'origine. C'est ainsi qu'avait été Introduite par I' ASBL des œuvres paroissiales du doyenné de Messancy, auprès du Ministère de la Communauté Française, une demande de classement éventuel comme monument et comme site de l'ensemble formé par le moulin et les terrains environnants. La procédure légale en vue du classement en question ayant été entamée, la construction bénéficie dès lors d'une protection provisoire pendant un an à dater de la notification émanant du Ministère (9 février 1988). Ainsi, aucun changement définitif ou qui modifierait l'aspect du bien ne peut être apporté sans autorisation préalable.

Le moulin

Ce moulin, dernière bâtisse située dans la partie nord-est du village de Rachecourt dévoile sur le piédroit d'une porte intérieure la date de 1574. C'est la Croix de Lorraine qui y figure également. Ce serait Clément Nothomb, écuyer et seigneur pré foncier de Rachecourt pour la partie de Luxembourg et qui tenait en fief de S.M. le roi, duc de Luxembourg et comte de Chiny, plusieurs héritages, adressa au conseiller de Virton, une requête dans le but d'obtenir l'autorisation de pouvoir ériger un moulin à blé dans son fief, moyennant une redevance et la permission de se servir du cours d'eau venant d'une fontaine au-dessus de son héritage. Le 25 juillet 1564, Messieurs les Commissaires envoient d'Orval, au receveur d'Arlon. La toiture est constituée d'ardoises naturelles tandis que pour les portes en façades a été fait appel à des traverses avec baie d'imposte à linteau bombé et à des piédroits qui, sont moulurés. Ce moulin est entouré d'un très beau paysage qui lui confère toute sa valeur.

Le 25 juillet 1564, Messieurs les Commissaires envoient d'Orval, au receveur d'Arlon l’ordre de se renseigner à propos de cette demande et de leur faire parvenir leur avis. Le 29 juillet de cette même année, rapport est établi et s'énonce comme suit : "Pour le moment, il n'y a pas de moulin à ce village. Depuis une soixantaine d'années, un Liégeois a bâti un moulin à blé et paie une petite redevance à l'abbaye d'Orval mais au dire des mayeurs, il semble plutôt payer cette redevance pour les héritages et jardins qu'il tient de l'abbaye que pour le cours d'eau car il ne paie aucune redevance aux princes". En 1574, Clément Nothomb emprunte dès lors à son oncle maternel "Materne de Freylingen" 300 thalers, afin de rétablir le moulin. D'autres "indices" typiques de l'architecture datent du 18e siècle tel linteaux bombés, traverses d'imposte et encadrements ouvragés des portes, tandis que l'aile nord est plus récente ; elle date du 19e siècle. Trois types de cellules se distinguent clairement dans cette construction : le logis, le moulin en lui-même et l'écurie. Equilibre des formes, simplicité des lignes, découpes des ouvertures constituent un ensemble particulièrement équilibré. Deux niveaux sur caves voûtées forment la construction en dehors de l'annexe du 19e siècle et d'un couloir en dessous duquel se trouve l'ancienne roue. Dans le moulin même, deux meules superposées ainsi qu'un axe de transmission existent encore, tandis qu'en dessous de la remise actuelle sont visibles l'ancienne roue et la vanne qui réglait l'arrivée d'eau.

Les matériaux

Plusieurs matériaux sont "originaires" de la région. L'on distingue notamment la maçonnerie en pierre locale (la macigno), les encadrements de baies qui sont constitués de calcaire bajocien et les enduits extérieurs réalisés avec de la chaux et du crépi de laitier-ciment. Les fenêtres quant à elles, possèdent des linteaux bombés avec battées pour les volets. La toiture est constituée d'ardoises naturelles tandis que pour les portes en façades a été fait appel à des traverses avec baie d'imposte à linteau bombé et à des piédroits qui, sont moulurés. Ce moulin est entouré d'un très beau paysage qui lui confère toute sa valeur.

En attente d'un classement éventuel

Aux fins de sauvegarder l'intérêt régional du bien, les propriétaires ne peuvent sans autorisation préalable accordée conformément aux dispositions de l'article 5 du décret du 17 Juillet 1987 relatif à la protection du patrimoine culturel, effectuer certains travaux dans et autour de la construction.

 Repris du journal des 3 Frontières du 22 avril 1988