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La mine de fer d’Halanzy passe dans l’histoire 

Ils n'étaient en tout et pour tout plus que dix-sept , avec cadre, employés et ouvriers à subsister des activités d'une petite entreprise qui avait la particularité d'être la seule mine de fer encore exploitée dans notre pays.

Le vendredi 27 octobre de cette année sera à jamais la date fatidique dans la vie de la mine: celle qui marque la fin, le dernier souffle, le dernier nuage de poussière rougeAtre qui s'élève au-dessus des bois marquant la limite entre les Lorraine Belge et Française.

Fin triste et sans gloire : ils n'étaient que dix-sept ... Ni fleur ni couronne, ni cortège, ni discours, ni drapeau noir, ni vert, ni rouge, ... rien que quelques grondements sourds dans les entrailles béantes de la colline pour marquer l'ensevelissement définitif de ce qui, pendant près de cent ans, fut le symbole de la richesse de ce coin de terre.

Ainsi, une page de plus de l'histoire de nos Trois Frontières vient d'être tournée. Hélas, c'est en même temps la dernière page du livre de l'histoire de la sidérurgie dans le Sud, après celles des· usines de Halanzy, Musson et Athus.

Aux années grasses succèdent les années maigres ... Halanzy, victime elle aussi de la grande crise mondiale avec Rodange et après Athus... D'accord mais qui a réagi aux premières fermetures, il y a dix, quinze, vingt, ... ans, autant de coups de semonce dans le ciel rougeoyant de la prospérité que l'on s'obstinait à trouver sans nuage ?.

Il ne faut guère chercher plus loin les raisons du vide qui nous entoure et qui ne fera que s'amplifier avec les menaces qui pèsent sur les entreprises de nos voisins français et grand-ducaux.

Mais consolons-nous ! Le triste désert dans lequel nous cheminons sera bientôt illuminé de mille et un projets, plans et promesses à toutes échéances et qui fleuriront sur tous nos panneaux d'affichage et dans nos boîtes à lettres. Nous apprendrons comment l'on s'active avec une telle sollicitude autour de nous pour faire disparaître nos noires misères présentes et pour nous préparer de superbes lendemains qui chantent.

Mais en attendant, ils étaient dix-sept à Halanzy. Dix-sept qui auraient pu fêter dans trois années le centenaire de leur entreprise, mais qui, avec un pincement au cœur, ont dû ranger une dernière fois leurs outils et fermer définitivement les portes de leur mine.

La dernière de Belgique, que l'on ne conservera même pas comme un bien précieux d'un temps révolu ...

Les derniers compagnons de la mine de Halanzy : Maurice Barola, Paulin Leitz, Jean Drau, Jean-Marie Dubois, Abdel Lamry, Yvan Habay, Germain Nottet, René Nottet, Eloy Nottet, Henri Lhote, Georges Hartert, Guy Legendre (chauffeur), Georges Thiry, Jean Gianetti.

Résumé du journal des 3 Frontières 1978