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Histoire usine d'Halanzy

Regards sur la Sidérurgie des trois Frontières

Ce sont deux ingénieurs britanniques, Thomas et Gilchrist, qui sont à l'origine de l'industrialisation de la Lorraine à la fin du XIXe siècle. Jusque-là, on avait bien découvert l'immense gisement de minerai de fer qu"on appelle la minette , et qui court à l'ouest de la Moselle depuis Nancy au sud jusqu'à Esch /Nillerupt et Longwy/Rodange/Athus au nord, en passant par les vallées de l'Orne (Briey) et de la Fensch (Hayange). Mais de ce minerai trop riche en phosphore, on ne parvenait pas à tirer de l'acier. Avec l'introduction du procédé d'aciérage Thomas (1876), tout va changer. Des lignes de chemin de fer se répandent dans le bassin minier en France,en Belgique, au Luxembourg et en Allemagne. Les usines suivent dans la foulée car il est désormais possible d'acheminer le charbon vers la Lorraine depuis les bassins Allemands, Anglais ou Belges.

La première aciérie Thomas est construite à Hayange par les maitres de forges de Wendel. Dans le bassin des Trois frontières, le procédé fait son apparition en 1883 à la Société des aciéries de Longwy. On se bouscule déjà dans le bassin avec l'usine Labbé fondée à Gorcy en 1832, la Providence à Réhon (1866), l'usine Raty à Saulnes (1872), l'usine Saintignon (1880) qui disparaîtra en 1914, les hauts fourneaux de la Chiers (1881) et Senelle a Herserange (1883). Côté Luxembourgeois, l'usine l’usine Rodange, la seule qui subsiste aujourd'hui dans les Trois frontières, est fondée en 1872 et mise à feu en 1878. Enfin, sur le sol Belge, Athus voit le jour en 1874, Halanzy en 1881 et Musson en 1885.

Athus se distingue rapidement des deux usines gaumaises. La production et le personnel y sont deux fois plus importants. Une aciérie Thomas y est construite pour en valoriser les produits. A Musson et Halanzy, on en reste au stade du haut fourneau,c'est-à-dire de la production de fonte.

Pour se faire une idée de l'activité sidérurgique avant la guerre 14-18, on retiendra qu'en 1899, le bassin de Longwy produit chaque jour 2.800 tonnes de fonte grâce à 35 hauts fourneaux, c'est-à-dire autant à lui tout seul que l'ensemble des deux bassins wallons de Liège et Charleroi. De leur côté, Athus, Musson et Halanzy coulent quotidiennement 500 tonnes de fonte dans leurs 6 hauts fourneaux.

Les deux guerres mondiales vont provoquer chaque fois une chute de l'activité suivie d'une reprise. La plus durable aura lieu dans les années 50 et 60. En 1955, les 5 usines du bassin de Longwy coulent 6.000 tonnes de fonte par jour dans 20 hauts fourneaux. En 1962, le développement est à son maxi­mum avec plus de 20.000 personnes employées sur le bassin, côté Français, dont 3.000 frontaliers Belges.

Mais, la fin est proche. L'usine d'Halanzy est déjà fermée depuis 1939. Musson suit en 1967, Athus en 1977. Sur Longwy, toutes les unités cessent leurs activités entre 1979 et 1987.

L'usine d'Halanzy aligne 2 hauts fourneaux produisant 150 tonnes de fonte de moulage par jour. Devant chacun d'eux, on distingue les 4 Cowper destinés à récupérer les gaz de combustion. Un neuvième sera construit en 1912, de même qu'une nouvelle soufflante et de nouvelles chaudières. Elle emploie 120 ouvriers, dont beaucoup originaires du pays de Virton, et une cinquantaine de mineurs. Chacune des deux usines gaumaises de Musson et Halanzy possède ses propres minières dans les bois communaux à la frontière Française, mines de fer qui étaient déjà exploitées bien auparavant, et qui survivront à la sidérurgie puisque la mine de fer d'Halanzy, la dernière de Belgique, ne fermera qu'en 1978.

Résumé du journal Arlon-Carrefour Mercredi 22 avril 1998

Je remercie Camile Grogna pour le résumé