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La Dame du Titelberg

Le Titelberg est une petite montagne qui domine la cité minière de Rodange. On y découvre encore de nombreux vestiges romains et pas mal de vipères. On y découvre aussi comme un mystérieux parfum de légendes.

Il y a bien longtemps de cela , sur les hauteurs du Titelberg, comme en témoigne le résultat des recherches effectuées à ce jour. Le commerce s'y était développé et les gens venaient de partout pour s'y approvisionner. Aux devantures bien garnies des artisans s'étalaient les produits qui tout en attestant leur adresse et leur art, faisaient aussi leur renommée. Le marché qui s'y tenait était bien achalandé et on y trouvait facilement tout ce dont on avait besoin. Bref, on pouvait dire que c'était une cité sans histoires, où il faisait bon vivre.

Une légion en assurait la défense. Ce n'était certainement pas un luxe car à cette époque, la paix était toute relative et sans cesse remise en cause par des tribus barbares toujours tentées par toutes ces richesses et cette abondance de biens.

Par une belle journée d'août, au retour d'un voyage dans une ville voisine, une jeune dame romaine du Titelberg rencontra sur son chemin des habitants terrorisés qu'elle connaissait bien et qui fuyaient sans regarder derrière eux. Elle apprit qu'ils avaient été surpris par une armée de barbares. La légion, rapidement submergée, avait pourtant bien résisté, mais malgré le courage de ses soldats,elle avait dû céder sous le nombre et la férocité des assaillants. La ville livrée au massacre et au pillage avait été détruite de fond en comble. Les malheureux qu'elle venait de rencontrer sur le pénible chemin de l'exode n'étaient que les rescapés de cette affreuse tuerie. Dénués de tout, ils n'avaient dû leur salut qu'à la rapidité de leur fuite. La jeune femme, folle d'inquiétude, chercha son époux parmi les fugitifs, mais ne le trouva pas. Nul ne l'avait vu partir. Officier dans la légion, il avait été massacré avec ses hommes. Il ne pouvait en être autrement les barbares n'ayant pas l'habitude de faire des prisonniers.

Pleine d'appréhension, elle continua sa route en pressant le pas. Elle voulait revoir son époux, savoir ce qu'il était devenu et, s'il fallait, mourir avec lui. Tout en envisageant le  pire, elle conservait quand même un fol espoir. Maintenant, au loin, elle pouvait déjà nettement apercevoir les fumées de la ville en flammes. Le cœur plein d'angoisse. Elle poussa sa monture et arriva enfin sur les hauteurs du Titelberg. Le spectacle qu'elle découvrit était terrifiant. Sous les décombres encore fumants, les morts gisaient par milliers et les plaintes des mourants augmentaient encore l'horreur du spectacle. Parmi les cadavres affreusement mutilés dont certains étaient méconnaissables,  la jeune romaine chercha en vain son époux bien aimé.

Aucun écho ne répondait, ni ses sanglots ni à ses appels désespérés. Elle était malheureuse et souffraient cruellement. Cette vision de cauchemar et d'horreurs qui torturait son âme eut raison de son esprit. Très longtemps encore, animée d'un courage indomptable, elle erra sans espoir sur le champ de bataille, parmi les ruines et la puanteur des cadavres, cherchant toujours le cher élu de son cœur. Sans cesse, la jeune femme implorait les dieux de lui rendre son époux, mais en vain. Finalement, minée par le chagrin et à bout de force, elle expira. Les dieux touchés par tant de persévérance, de fidélité et d'amour, lui permirent de poursuivre éternellement ses recherches.

C'est ainsi que tous les ans au mois d'août, elle parcourt les hauteurs du Titelberg, sur un char, traîné par des vipères crachant des flammes. Afin que son bien-aimé puisse la retrouver, elle marque son passage dans le ciel en semant une multitude d'étoiles derrière elle.

Aujourd'hui encore, dans le courant du mois d'août au-dessus du Titelberg, observez le ciel. Vous verrez sûrement passer et repasser une étoile filante. C'est la dame du Titelberg sur son char et son équipage de vipères crachant des flammes, qui erre sans fin, à la recherche de son époux et de son bonheur perdu. Si à ce moment, les amoureux font un vœu, il y a de fortes chances pour qu'il se réalise et qu'ils deviennent inséparables.

 

La légende est retirée du livre Histoires et Légendes du pays d'Athus écrit par Aimé Boterberge

 

Vous pouvez retrouver ce livre et d'autre info :

 Bibliothèque Hubert Juin d'Athus

Bibliothèque d'Halanzy Grand-Place maison Communale

Bibliothèque Frédéric Kiesel de Rachecourt