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La Wagenfabrik

 

Une partie de la Wagenfabrik installée à l'usine d'Athus, montrant un groupe de travailleurs français gardés par deux sentinelles. A l'avant-plan, le lieutenant Demsky et ses principaux collaborateurs. Vers le centre, un stock de chariots, brancards levés.

 

Ce qui reste, après le pillage, du dépôt de matériel et d'outillage installé dans les prairies du KIM. Au fond l'avenue de la gare avec la brasserie Bernard et quelques maisons

 Depuis le début des hostilités, l'usine d'Athus avait cessé toute activité et ses installations démantelées furent, en grande partie, transférées en Allemagne. Seule, la centrale électrique (Kraftwerk) était restée en service sous la direction d’un officier nommé Lohmann qui semblait faire corps avec sa badine. C'est dans l'autre partie de l'usine que les Allemands avaient installé leur fabrique de chariots (Waggenfabrik).

 A notre arrivée, ces installations commençaient à fonctionner, sous la conduite du lieutenant ... Demsky que nous retrouvâmes avec une certaine satisfaction car nous avions pu apprécier sa correction et sa modération au camp de Montmédy. Bref, nous semblions nous retrouver en pays de connaissances et cela nous paraissait du meilleur augure.

Dans l'enceinte de l'usine, il y avait des déportés civils français provenant de la région de Lille. Au nombre de quatre cents environ, ils paraissaient jouir d'une semi-liberté. Ils pouvaient sortir en ville par petits groupes accompagnés par un caporal, ce qui leur permettait d'avoir quelques contacts avec des familles compatissantes. Un père jésuite d'Arlon, le R.P. Bégasse, venait célébrer la messe chaque dimanche, ayant comme acolyte Edmond Arend et, comme sacristine, Henriette Arend. A la diligence de ce religieux, des vêtements furent collectés à Arlon pour être distribués à ces déportés. L'échange contre les vieilles défroques avait lieu, plus ou moins clandestinement et par groupes de dix, dans une gloriette du jardin de la maison Arend.

 Les installations de la fabrique se composaient essentiellement de l'ancien atelier mécanique, chef d'atelier Duhme, de l'atelier de débitage de bois situé dans une halle adjacente, chef d'atelier Hutte et de l'atelier de montage, construit par les Allemands et dont le chef était un grand dadais hurlant et gesticulant dont j'ai oublié le nom. Le lieutenant Demsky avait comme assistant le Wachtmeister X... , véritable éminence grise, moustaches en accent circonflexe dont les pointes encadraient un nez aquilin, regard d'acier où jamais ne perçait la moindre lueur amène

La fabrique produisait journellement une bonne dizaine de chariots. C'étaient des véhicules à quatre roues et à caissons. Ils étaient de deux modèles, identiques quant à leur forme, mais différents quant à leurs dimensions. On fabriquait également de petites charrettes à deux roues, destinées à véhiculer une mitrailleuse.

L'usine occupait, en dehors de l'élément masculin, une main-d’œuvre féminine recrutée dans les environs. Parmi les Aubangeoises, je citerai au hasard de mes souvenirs : Léonie Thiry, Germaine Beaussart, Marie Atterte, Yvonne Thiry.

 

Histoire repris du livre souvenir d'un Aubangeois de Léon Delchavée

 

Vous pouvez retrouver ce livre et d'autre info :

Bibliothèque Hubert Juin d'Athus

Bibliothèque d'Halanzy Grand-Place maison Communale

Bibliothèque Frédéric Kiesel de Rachecourt