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La Resistance en état de siège à d'Athus

 

1944-1994 il y à 50ans

 

Le 9 septembre prochain, Athus célébrera le cinquantième anniversaire de sa libération. Pourtant, dès le 2 septembre 1944, la petite ville frontalière semble tirée d'affaire : les Allemands plient bagage et se retirent, isolés ou en groupes. De nombreux collaborateurs les accompagnent : ils ont senti le vent tourner et craignent les représailles, une fois l'ennemi hors de portée. Une épicerie sera même pillée mais la Résistance parvient à endiguer cette folie soudaine. Des bruits circulent, selon Radio-Londres, les Américains auraient atteint Longwy, à quelques kilomètres de là. La population exulte, cependant, les Athusiens se sont réjouis un peu vite. Le 3 septembre, une automobile de la police Allemande traverse Athus et essuie plusieurs coups de feu. Cette fusillade vient de mettre le feu aux poudres.

 

En 1944, Aimé Boterberge est chef d'un des groupes de choc des insoumis, l'un des mouvements de résistance, les deux autres sont le front d'indépendance et des partisans armés (FIPA) et le mouvement national Belge (M.N.B.). Il se souvient, le 3 septembre au matin, la radio affirmait que les Américains étaient arrivés à Longwy en peu de temps, la population a envahi les rues. Cependant, il convenait, pour la Résistance, dont le rôle s'était officialisé, d'assurer l'ordre et de procéder à l'arrestation des derniers Allemands, sans effusion de sang.

 

Ce matin-là, pourtant, la violence reste d'actualité, des coups de feu éclatent et touchent le véhicule de l'ennemi. Les Allemands se réfugient sous un porche (celui de la maison Wagner) et parviennent à abattre deux insoumis, Norbert Van Brabant et Léon Burton, d'Aubange, embusqués non loin de là. Alerté par les coups de feu, M. Boterberge constaté le décès des deux hommes et prévient Pierre Luttgens, alors chef provincial des insoumis. Les corps des victimes seront évacués et déposés au domicile de Pierre Longueville. Entretemps, des soldats Allemands, alarmés, traversent Athus à bord d'une charrette. Dans la fusillade, qui suit, le conducteur est abattu. La Résistance s'organise. Il est question d'occuper et de défendre l’usine les bâtiments sont d’ailleurs parfaitement équipés pour soutenir l'actuelle Place des Martyrs, les Allemands abattent deux jeunes gens, qui tentent de se cacher : Camille Lambert et Jean-Baptiste Genten n'étaient pas armés mais portaient leur brassard. Un nouvel épisode tragique va suivre : l'ennemi a repéré des traces de sang qui le conduisent à la maison de Pierre Longueville, au moment où celui-ci revient de son travail. Les Allemands réclament une chaise à son épouse et pendent le pauvre homme avec la corde à jouer de sa fillette. Un homme

 

Arthur Vanhille, 61 ans, a cependant osé protester. Une balle de pistolet lui perce un œil et le tue. L'occupant incendiera encore une maison. Les Allemands se dirigent alors vers l'usine, en formation de combat. Les résistants, bien protégés mais mal armés, sont inquiets. « Le combat a duré une bonne heure, explique Aimé Boterberge, sans conséquence, du moins l'a-t-on d'abord cru : le corps sans vie d'un homme, Jean Janson, sera découvert, gisant sur les voies ». Le lendemain, 4 septembre, il est un peu plus de 19 heures lorsque plusieurs voitures Allemandes sont signalées. Prévenu Pierre Luttgens quitte la centrale de l'usine (où, d'ailleurs, il était ingénieur) pour le corps de garde. Intercepté par l'ennemi, il est sommé d'indiquer la cache des terroristes. Le résistant conduit les Allemands aux cases à mines. C'est la fusillade, Pierre Luttgens tente de fuir mais s'écroule, mortellement touché. Aimé Boterberge prend alors la direction des opérations craignant de nouvelles représailles dont serait victime la population Athusienne, les résistants ils sont environ 150 quittent l'usine, de nuit. Leur destination la minière de Musson, qui sera leur refuge jusqu'à la l libération. Le lendemain, les Allemands trouvent les bâtiments vides mais outre des perquisitions systématiques l'ennemi ne commettra aucune nouvelle exaction, plusieurs soldats Allemands restés à Athus, occupent le Secours d'hiver.

 

L'heure de la libération

Le temps est splendide, le 9 septembre 1944, en matinée, les habitants d'Athus croient distinguer, « au sommet de la côte d'Aubange, quelque chose qui bouge, sans faire de bruit », les véhicules Américains sont montés sur pneumatiques, car voici les héros du jour précédés par un officier Français le libérateur

Capturés deux soldats Allemands tout ailleurs dans le pays libéré, l'arrestation des traîtres et cette bouteille à encre, qui assimile les plus basses vengeances personnelles aux plus justes dénonciations sur ce point, Aimé Boterberghe parle sans détour : de petits traitres ont payé mais d’autres certains gros poissons ont été oubliés. Comme ailleurs, comme partout.

 

Mes chers concitoyens

 

Fêtons la victoire dans le calme et la dignité, marques certaines des peuples majeurs et civilisés.

Sans crainte et avec confiance, confions à la Justice légale du pays, les défaillances à l'honneur national.

Cette Justice sanctionnera inexorablement et avec une extrême sévérité, selon la volonté ainsi tacitement exprimée par le peuple Belge tout entier, tous les crimes contre la Patrie.

Honneur à tous les Citoyens qui ont tenu haut et ferme étendard sacré de l'attachement et de la fidélité au sol natal.

HONNEUR et reconnaissance aux soldats morts au champ d'honneur, à notre vaillante armée, à ceux des stalags et oflags, aux membres obscurs et héroïques du maquis, aux prisonniers politiques, aux ouvriers déportés.

Vive le Roi. Vive la Belgique

 

 

Hôtel-de-Ville, le 9 Septembre 1944.                                        Le Bourgmestre Jos. BECHET

 

La proclamation du Bourgmestre Joseph Bechet placardée à Athus au moment de la Libération.

 

 

L’histoire reprise sur le journal l’avenir du 8 septembre 2004.