Page d'accueil

 

La Grande Guerre 1914-1918

Le 1er août, affolement général. Tout le monde fait des provisions Le pain augmente de 10 centimes. L'usine de Mont-Saint-Martin est fermée. On a fermé aussi à Rodange et à Athus. Et pourtant la guerre n'est pas encore déclarée. On ne trouve plus de monnaie. On rappelle 9 classes en Belgique. Le 2 août, on ne peut plus passer d'Aubange à Mont-Saint-Martin sans carte d'identité. Les Allemands ont envoyé un régiment à Luxembourg s'emparer des lignes de chemin de fer et du télégraphe. Le 5 août le ''XXe Siècle" nous apporte le discours du Belge et le Roi aux Chambres déclaration de guerre de l 'Allemagne à la Belgique et à la France. La Belgique est ouverte aux soldats français et anglais. Le 7 août, les Allemands sont à Musson. Le 12 août, Arlon est prise, les faubourgs sont saccagés et la ville est frappée d'une amende de 100.000 frs. Le 19 août, les Allemands campent à Rachecourt. Un éclaireur qui s'est aventuré jusqu'aux abords de Halanzy sur la route d'Aix est capturé. Le 20 août, des détachements de toutes armées entrent à Clémency, Messancy Aix-sur-Cloie, Athus, Aubange, Rodange, Pétange, Lamadeleine. Le 21, au cours de la nuit, les Allemands s'installent à Halanzy. Toutes les maisons de la route de Musson sont transformées en blockhaus. Sur les hauteurs, ils installent des postes d'observation. Bientôt ils amènent une batterie mixte de 150 et une de 220 appelée "la grosse Bertha" et les mettent en position sur la route de Musson. Le 21, un combat s'engage sur le front de Mont-Saint-Martin - Halanzy. Mont-Saint-Martin tombe. Le 22 août, le bombardement reprend à partir de Halanzy. C'est l'assaut de Longwy. A 4 heures du matin, on entend de la musique mêlée au crépitement de la mitraillette et aux cris des combattants. On donne 2.000 morts ou blessés des Allemands. On ne sait rien du côté Français. La bataille a recommencé le 23, encore plus meurtrière à Cutry, à Cons, à Cosnes, etc. Les canonniers de Longwy détruisent un obusier au bois de la Pralle et font 55 morts. Le 26 août a eu lieu la reddition de Longwy. Durant la bataille pour la prise de Longwy, un hôpital est installé à Messancy. Pendant 6 jours le village se trouve dans la zone de feu.

Il faut laisser les portes ouvertes jour et nuit. L'occupant prend ce qu'il lui plaît : bêtes, volailles, etc. A Aix-sur-Cloie, la grange de la maison Eppe est transformée en hôpital. De Longwy, il ne reste pas pierre sur pierre et depuis 2 jours les Français ne pouvaient plus tirer. D'abord leurs canons ne portaient qu'à 10 tandis que les canons prussiens portaient à 12 kilomètres. Ensuite, il n'y avait plus d'abri ni plus d'eau. Le 28 août, l'isolement continue et plutôt que de ne rien savoir, on invente les nouvelles les plus étranges. Quelques soldats, ayant trop bu, ont fait des menaces dans le village d'Aubange. A part ces incidents, tout est assez tranquille. Le 30 août, c'est le calme de 1 'état de siège. C'est aussi dimanche et 1 'on dirait que l'on se repose. Hier, la route fut pleine de camion du matin au soir. On va vers Montmédy. La bataille serait commencée à Carignan. Le 2 septembre, on avoue que les Allemands ont reculé un peu vers Florenville. Toute la journée, on a entendu gronder le canon sur le triangle Virton - Montmédy Longuyon et aussi du côté de Thionville. Aujourd'hui Metz serait pris. Les trains allemands circulent vers Virton et Arlon. Le 16 septembre, on entend de nouveau le canon. Ce sont les Français qui repoussent les Prussiens de Verdun vers Montmédy. Le 30 septembre, pendant 4 heures, il est arrivé des cavaliers prussiens de Longwy (environ 1.500) : 1.300 sont à Aubange, les autres occupent les environs. Ils viennent du côté de Verdun, on ne sait encore où ils vont. Le 24 octobre, la guerre continue aussi violente que jamais, de Belfort à Dunkerke. Nuit et jour, des trains mènent soldats et munitions et ramènent les blessés. Le 2 novembre, la guerre continue. Le canon Français se rapproche. Depuis 3 jours, on l'entend violent aux environs de Longuyon. Mercredi, il est passé 3.000 cavaliers à Aubange. Ils vont, dit-on, contre les Russes. On a ordonné de tuer les pigeons ici comme ailleurs.

Le 4 novembre, voilà aujourd'hui 3 mois qu'Aix-sur-Cloie vit sous le régime prussien. Le 19 novembre, les Allemands sont venus mettre leur marque aux vaches laitières pour leurs malades du typhus. Ils le feront partout. On laisse encore une fois passer quelque chose du Grand-Duché de Luxembourg mais tout est bien cher. Le 15 décembre, les vivres se font plus rares bien que ayons moins à souffrir ici que dans le reste de la Belgique parce que nous sommes plus près du Grand- Duché et plus loin des opérations. On ne peut plus aller en France. Une commission américaine amène des secours à la Belgique. Le 31 décembre, amende de 1.000 marks pour qui porte avec soi un pigeon vivant. Il faut mener les chevaux attelés ou bridés et sellés au canton. 14 hommes d'Aix-sur-Cloie sont appelés sous les armes. Henri Stoffel tombe au front en 1917. Durant 1'occupation, le travail forcé est instauré. Le village est occupé par les troupes en repos et les habitants doivent tout leur fournir, tant pour les chevaux que pour la troupe. Cependant, en raison de soni diome Allemand, le village n'a pas trop à souffrir. Le 8 novembre 1918, tout est de plus en plus cher. Une douzaine d'œufs coûte 15 frs. Sans les pommes de terre, on périrait par la faim, comme au Moyen-âge. Le 11 novembre enfin ! L'Armistice et les préliminaires de la paix. Tous les Allemands doivent évacuer toute la Belgique. Dans le mois (du 11 novembre au 11 décembre), réjouissance des Belges ! On arbore les drapeaux du pays et d'Amérique. Le 12 novembre, d'innombrables voitures (voitures de fuyards) traversent la grand-route pour gagner Athus et Luxembourg. Le 20 novembre, des troupes de l'armée victorieuse, Américains seulement, paru dans Arlon, Messancy, Aubange et Athus. Ce même jour, il y a de la joie partout. A Athus, grande réception des Américains. En même temps, le roi des Belges rentre dans Bruxelles. La Lorraine (Metz) et l'Alsace (Strasbourg) sont remises à la France après 48 ans de possession par les Allemands (1870-1918).

Le 24 novembre, les Américains ont fait sauter dans les bois des alentours des dépôts de munitions laissés par les Allemands en fuite. Les explosions formidables pendant la durée de deux heures. Le 25 novembre, les Américains continuent à passer par la grand-route, La nationale 50, avec d'immenses chariots automobiles. Ils se rendent en Allemagne d'occuper quelque temps les villes fortes de Cologne, de Coblenz, de Mayencce, Francfort-sur-le-Main. Les Américains vont occuper Cologne , les Anglais Coblenz et les Français Mayence. Le dimanche 8 décembre, les Américains logés au village partent pour la Prusse-Rhénane, sur de lourds et vastes camions automobiles. Ces camions ont laissé partout non pas des sillons mais de véritables ornières. Le 21 décembre, la poste fonctionne partout. La vie économique reprend son cours normal. L'histoire ne s'arrête pas là, elle continue en 1940. La région connaît un nouveau passage de troupes et une nouvelle occupation. L'histoire évolue sans cesse et demain, la vieille seigneurie d'Aix, centre de haute justice, d'une grande partie de la région, fera son entrée dans la commune du grand Aubange dont elle aurait pu être le centre..Nouvelle étape de son histoire.

 

Pour plus d'info à revoir dans le livre Histoire d'Aix-sur-Cloie (y compris Battincourt) écrit par Roger Jamin & Maurice Muller

 

Vous pouvez retrouver ce livre et d'autre info :

Bibliothèque Hubert Juin d'Athus

Bibliothèque d'Halanzy Grand-Place maison Communale

Bibliothèque Frédéric Kiesel de Rachecourt